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SOUTIEN PEDAGOGIQUE POUR LES ETUDIANTS AYANT DE TROUBLES PSYCHOLOGIQUES


Le terme trouble psychique désigne un ensemble de troubles complexes. Les étudiants en situation de handicap psychique peuvent présenter des troubles divers, graves et plus ou moins durables qui interfèrent avec leurs études et leur vie sociale. Ces troubles peuvent précéder leur inscription universitaire, se révéler au cours de leur formation académique ou encore lors de période spécifiques de formation telles que les stages dont les conditions ne permettent plus à l’étudiant de faire face. Ils peuvent impliquer des prises en charge spécialisées comprenant souvent des traitements médicamenteux lourds et des psychothérapies de longue durée.

Les troubles psychiques appartiennent aux « troubles non-visibles». C’est notamment pour cette raison que les personnes qui connaissent des périodes de troubles psychologiques se heurtent souvent à l’incompréhension de la part de leurs interlocuteurs. Interprété dans certains cas comme un signe de mauvaise volonté, d’un manque de talent, de paresse ou encore d’agressivité, leurs difficultés provoquent souvent des réactions mitigées et de l’anxiété.

Le faible niveau de sensibilisation sur les troubles psychiques associé à la stigmatisation sociale de ceux-ci, rend extrêmement difficile la possibilité de trouver, pour les personnes souffrant de troubles psychiques, de trouver un soutien adéquat à l’université. Pour deux étudiants dont le diagnostic médical est identique, les symptômes peuvent être très différents : ils peuvent notamment varier en intensité et en durée selon la personne mais également en fonction du contexte global de cet étudiant. Pour cette raison, il est indispensable que les stratégies pédagogiques répondent aux besoins spécifiques de chaque étudiant donc que la définition des Plans d’Accompagnement soit effectuée au sein d’une équipe pluridisciplinaire, l’équipe plurielle, et toujours en accord avec l’étudiant.


Néanmoins, l’accompagnement et notamment la pleine participation des enseignants dans cet accompagnement peut être rendue difficile si les étudiants souhaitent rester dans l’anonymat alors que d’autres sollicitent leurs pairs ou la communauté universitaire.


Or quelle que soit la situation, ces étudiants doivent pouvoir bénéficier au même titre que tous les autres des aménagements de cursus et des accompagnements pédagogiques nécessaires pour leurs études et la passation des exa¬mens. Il est absolument essentiel que cet accompagnement se fasse en étroite collaboration avec les Services Universitaires de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé (SUMPPS) eux-mêmes en relation avec les psychiatres et les psychothérapeutes des Bureaux d’Aide Psychologique Universitaire (BAPU) et des secteurs hospitalier et libéral. Enfin, un soutien social peut constituer pour certains étudiants un élément indispensable à leur poursuite d’études et à leur réussite (services sociaux de l’établissement ou CROUS).


Difficultés éventuelles

Les facultés d’apprentissage de ces étudiants peuvent être altérées par des automatismes mentaux pathogènes ainsi que par les effets secondaires des traitements. De plus, leurs problèmes relationnels et leur fatigabilité peuvent engendrer réellement des difficultés d’accès au savoir.
En fonction de la spécificité du trouble et du traitement reçu, les étudiants ayant des troubles psychiques, peuvent rencontrer des difficultés dans le déroulement de leurs études notamment:
 

  • Retards,
  • Nécessité de pause méridienne suffisamment longue,
  • Absences fréquentes en raison d’une rechute 
  • Difficultés de concentration, troubles de la mémoire, degrés de motivation réduit et gestion du stress difficile
  • Difficulté à organiser et à gérer leur travail :   planifier des activités, définir des objectifs et identifier les priorités
  • Difficulté à travailler en équipe, anxiété à parler en public
  •  Difficulté à faire face aux effets secondaires liés à la prise des médicaments prescrits (par exemple la somnolence, une efficacité moindre).
     


Stratégies pédagogiques


Les cours et les examens doivent être adaptés aux besoins spécifiques  de l’étudiant et de ses difficultés d’apprentissage. Parmi les préconisations suivantes vous trouverez des conseils qui peuvent être utilises pour des étudiants ayant des troubles psychiques. Néanmoins il est important que ces stratégies soient discutées en amont avec les partenaires du réseau handicap, service d’accompagnement des étudiants handicapés, médecins du SIUMPPS.

En ce qui concerne l’organisation des cours certains aménagements réfléchis et décidés par l’équipe plurielle mobilisée par le service handicap, peuvent être notamment et parmi les propositions suivantes :
 

  • Mettre en place un tutorat méthodologique par le service handicap qui permettre à l’étudiant d’optimiser son organisation et de bénéficier d’un appui régulier
  • Permettre à l’étudiant de travailler en petit groupe, de répondre aux questions sans qu’il ait à parler devant le groupe;
  • Lui laisser la possibilité de courtes pauses pour se détendre.
  • Autoriser l’étudiant à enregistrer le cours.
  • Fournir  les documents de travail  avant le cours. Les étudiants pourront ainsi se familiariser avec le sujet et participer plus efficacement à la discussion.
  • Donner un délai supplémentaire pour la  remise des mémoires, notamment pour ceux qui sont conséquents, et – si nécessaire –  échelonner les dates de remises ou accepter que le mémoire vous soit remis en plusieurs parties.
  • Disposer d’un système qui permet  à l’étudiant de rattraper les cours manqués (preneurs de note, cours en ligne…).
  • L’étudiant peut disposer d’un emploi du temps allégé en raison de l’évolution de  son état de santé c'est-à-dire un étalement du cursus.
  • L’étudiant pouvant  avoir des problèmes spécifiques et souvent temporaires lors des interactions sociales, possibilité d’être contacté par e-mail
  • Tenir compte du fait que les traitements médicamenteux peuvent produire les effets secondaires suivants : somnolence, temps de réaction diminué, troubles de la mémoire, problèmes de concentration.
  • La réussite d’un étudiant peut, outre ses résultats universitaires, se mesurer dans certains cas à l’acquisition d’habilités sociales qui sera la pierre angulaire de la réussite de leur projet.

 

Les aménagements d’examens:

Par examen, il faut entendre toute épreuve partielle, terminale, examens répartis concours et contrôles continus.
Rappelons que le décret et la circulaire N° 2011-220 du 27-12-201141 encadrent précisément l’organisation des examens et concours de l’enseignement scolaire et de l’enseignement supé¬rieur pour les candidats présentant un handicap. Rappelons également que si chaque établissement doit respecter la circulaire précitée, c’est lui qui définit et communique la procédure suivant laquelle tout étudiant handicapé peut déposer une demande d’aménagement d’épreuves pour les examens ou concours relevant de ses compétences.

Généralement, cette demande est déposée auprès de la structure d’accueil des étudiants han-dicapés mais peut également l’être auprès du médecin du SUMPPS désigné par la CDAPH. Rappelons que ce dernier, membre de l’équipe plurielle, émet obligatoirement un avis d’aménage-ment au regard de la nature des épreuves.
L’autorité administrative prend alors la décision et la transmet à l’intéressé et au service orga-nisateur des épreuves.

Les étudiants ayant des troubles psychiques peuvent notamment bénéficier d’aménagement comme :

Pour les aménagements d’examens:

  • Temps majoré.
  • Pauses pendant l’examen.
  • Etalement les épreuves sur plusieurs sessions.
  • Organisation une session spéciale.
  • Salle isolée.


Et de tout autre aménagement jugé nécessaire compte tenu de la situation particulière de l’étudiant.

Le matériel est basé sur les documents préparés pour le projet DARE 2 par Edyta Dembińska, MD, psychiatre, assistante à la Chaire de Psychothérapie à l’Université Jagiellonian Collegium Medicum ; consultante dans le domaine de la psychiatrie au service de soutien aux personnes handicapées de l’Université Jagiellonian.