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Les troubles visuels

Accompagnement pédagogique pour les étudiants non et malvoyants


Le film intitulé « le bloc note Braille » relate l’histoire d’une personne non voyante utilisant un équipement technique de compensation innovant. Généralement, on considère que les personnes aveugles utilisent quotidiennement des outils manuels pour la communication écrite en Braille. Or,  l’écriture braille « manuelle » est aujourd’hui de moins en moins utilisée, la majorité des personnes non voyantes utilisant d’autres outils et souvent des moyens techniques très modernes. L’un d’entre eux est le bloc note Braille qui fonctionne avec le processeur d’un ordinateur.



Comme tous les troubles qui génèrent des handicaps, les troubles visuels sont très variables. Si la cécité est le fait de n’avoir aucune perception visuelle, la « mal voyance », pourtant plus courante, est une notion moins connue et plus complexe. Sous des formes diverses, souvent évolutives, elle engage l’acuité visuelle et/ou les atteintes du champ visuel, la sensibilité à la lumière et au contraste, la vision des couleurs ou encore la perception des mouvements et des formes.

La recherche des moyens de compensation permettant d’accompagner efficacement un étudiant ayant une déficience visuelle passe souvent par l’évaluation de  sa capacité d’apprentissage et d’utilisation d’aides techniques adaptées à sa situation afin qu’il  puisse ensuite les utiliser pour participer pleinement aux enseignements. Si de nombreux moyens techniques existent (logiciels spécifiques d’agrandissement, synthèse vocale, téléagrandisseur, plage braille, bloc note braille….) il convient d’être vigilant sur l’état psychologique de l’étudiant qui, dans certains cas, et en fonction de son degré d’acceptation de son handicap, peut ne pas être prêt à utiliser ces nouvelles technologies. Il sera alors important de mettre relation l’étudiant et le service médical qui pourra proposer un suivi psychologique conduisant l’étudiant à pouvoir accéder aux moyens de compensation performants et adaptés.       


Difficultés :

Lors de leurs études, les étudiants déficients visuels éprouvent des difficultés à :

  • Utiliser des matériaux visuels en cours : présentations multimédia, notes et instructions au tableau,
  • Travailler avec des manuels ou tout autre document imprimé, et encore plus ceux qui contiennent des tableaux et des graphiques
  • Convertir des contenus pédagogiques  en format électronique ou en Braille ; ils peuvent trouver que c’est chronophage (ce qui est réel !) soit, dans certains cas, que c’est impossible à réaliser par eux-mêmes (par exemple : des illustrations, des tableaux ou des diagrammes)
  • Participer pleinement aux cours impliquant des activités manuelles de précision
  • Passer des épreuves écrites.
     


Stratégies Pédagogiques

Les préconisations  suivantes, appliquées convenablement et adaptées aux besoins de l’étudiant, amélioreront la qualité de l’enseignement offert aux étudiants non voyants ou malvoyants. Afin que  les étudiants en situation de handicap visuel  bénéficient des mêmes conditions d’études que les autres étudiants, il est souhaitable de suivre les recommandations suivantes :


 Concernant l’organisation du cours :
 

  • Autoriser les étudiants à enregistrer les cours, l’étudiant  pouvant éventuellement signer une charte stipulant que l’enregistrement ne sera utilisé que pour son usage personnel.
  • Autoriser les étudiants à se servir d’une aide technique durant le cours: un ordinateur portable, une loupe, un agrandisseur, un bloc note Braille.
  • Fournir le contenu des informations dispensées au cours des  enseignements, avant le début de la formation, sous forme électronique au format texte ou HTML, ce qui leur permet ainsi d’utiliser éventuellement une synthèse vocale. Par ailleurs, si le contenu des formations est fourni avant le début des enseignements, l’étudiant peut plus facilement se familiariser avec le thème proposé.
  • Décrire précisément à l’étudiant les éléments visuels du cours auxquels vous faîtes référence. Lorsque vous utiliser le tableau, un rétroprojecteur ou un vidéoprojecteur, il est utile de :
  1. dicter au fur et à mesure ce vous  écrivez ;
  2. épeler les mots nouveaux ou particuliers ;
  3. décrire les dessins, tableaux, graphiques ou formules ;
  • Demander un agrandissement du matériel écrit,
  • Les salles de cours et laboratoires, doivent être correctement éclairés et posséder une bonne acoustique.
  • Proposer éventuellement à l’étudiant de s’informer auprès du RHSE des possibilités d’aménagement d’examen.
  • Pensez à informer l’étudiant si le cours est reporté ou ne s’il ne se déroule pas dans la salle habituelle afin qu’il puisse prévoir de s’informer sur le cheminement jusqu’aux nouveaux locaux prévus.


Les aménagements d’examens:


Par examen, il faut entendre toute épreuve partielle, terminale, examens répartis concours et contrôles continus.
Rappelons que le décret et la circulaire N° 2011-220 du 27-12-201141 encadrent précisément l’organisation des examens et concours de l’enseignement scolaire et de l’enseignement supé¬rieur pour les candidats présentant un handicap. Rappelons également que si chaque établissement doit respecter la circulaire précitée, c’est lui qui définit et communique la procédure suivant laquelle tout étudiant handicapé peut déposer une demande d’aménagement d’épreuves pour les examens ou concours relevant de ses compétences.


Généralement, cette demande est déposée auprès de la structure d’accueil des étudiants han-dicapés mais peut également l’être auprès du médecin du SUMPPS désigné par la CDAPH. Rappelons que ce dernier, membre de l’équipe plurielle, émet obligatoirement un avis d’aménage-ment au regard de la nature des épreuves.
L’autorité administrative prend alors la décision et la transmet à l’intéressé et au service orga-nisateur des épreuves.

Les étudiants mal voyants ou non voyants peuvent notamment bénéficier des aménagements d’épreuve suivants :

  • Le temps majoré : la circulaire précise que l’étudiant devra bénéficier d’une période de repos suffisante entre deux épreuves prévues dans la même journée. La durée totale de composition de la journée doit également être prise en considération. N’oubliez pas que l’état de santé de la personne, l’utilisation des modes de compensation, quels qu’ils soient, impliquent fréquemment un allongement du temps de travail.
  • Adaptation des sujets d’examens : agrandissement, transcription en braille, élaboration d’une version numérique…
  • La salle à part : si nécessaire, l’étudiant pourra composer dans une salle à part.
  • Le secrétariat aux examens : lorsqu’un étudiant est empêché d’écrire manuellement (handicap au niveau des membres supérieurs ou handicap visuel), il peut bénéficier d’un secrétaire qui rédige la copie sous la dictée de l’étudiant. Le secrétaire, si possible d’un niveau égal à celui du diplôme visé doit disposer des connaissances nécessaires correspondant au champ disciplinaire visé.
  • Aménagement des épreuves de langues vivantes
  • Le mode de l’évaluation de l’épreuve doit être le même que pour les autres étudiants dans la mesure où l’étudiant en situation de handicap visuel peut bénéficier d’aménagements spécifiques  compensant son désavantage pour le passage de ses examens notamment l’adaptation des sujets écrits.

Et de tout autre aménagement jugé nécessaire compte tenu de la situation particulière de l’étudiant.
 


Référence :

  • Nowak-Adamczyk D., Perdeus-Białek M., Szczocarz U. (red.), Wyrównywanie szans. Osoby niepełnosprawne na studiach przyrodniczych [L’égalité des chances. Les étudiants souffrant de handicap en sciences naturelles], Kraków 2011.
  • Matériel pédagogique provenant du manuel pour le personnel enseignant académique développé dans le cadre du programme DARE 2 (www.DareProject.eu).
  • Guide de l’accompagnement de l’étudiant handicapé à l’université- Conférence des Présidents d’Université- 2012- www.cpu.fr