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LES TROUBLES AUDITIFS SOUTIEN PEDAGOGIQUE POUR LES ETUDIANTS SOURDS ET MALENTENDANTS



Film Ma langue – mon identité

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Film Si tu étais mon professeur j’aimerais…

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Les troubles auditifs sont des troubles qui peuvent toucher partiellement l’audition (hypoacousie) on parle alors de personnes malentendantes (surdité légère, moyenne, sévère …) ou encore conduire à une perte totale de ce sens (anacousie), on parle alors de personnes sourdes.  Les moyens de compensation utilisés par l’étudiant ayant un handicap auditif vont reposer sur des stratégies basées sur les modes de communication qui lui sont spécifiques. Les modes de communications utilisés peuvent être le langage oral, la langue des signes française (LSF), la communication bilingue2, ou encore le langage parlé complété (LPC). Il est intéressant de noter que la communication orale est rendue possible soit grâce à un apprentissage effectué avec un orthophoniste et/ou grâce à des moyens techniques, lorsque cela est possible, telle une prothèse auditive ou encore un implant cochléaire. Ces modes de communication peuvent être complétés par la lecture labiale. Un nombre important des personnes en situation de handicap auditif  utilise le langage oral.
 

Difficultés:

Au cours de leurs études, les étudiants sourds et malentendants éprouvent des difficultés à :

  • Participer activement aux cours pour lesquels la communication verbale prédomine  (par  exemple : les interventions sans présentations multimédias, enregistrements audio, vidéos sans sous-titres)
  • Utiliser leur faculté  à lire sur les lèvres ou à se concentrer sur la traduction effectuée par l’interprète en langue des signes tout en prenant des notes
  • Participer à des séminaires et à des groupes de discussion où de nombreuses personnes parlent simultanément.
  • Utiliser leur faculté à lire sur les lèvres ou regarder l’interprète de langue des signes si le visage du locuteur ou de l’interprète est mal éclairé.
  • Passer des épreuves orales ou des épreuves pour lesquelles les consignes sont données par oral.
     


Stratégies Pédagogiques
 

Les préconisations suivantes, appliquées convenablement et adaptées aux besoins de l’étudiant, amélioreront la qualité de l’enseignement offert aux étudiants malentendants ou sourds. Afin que  les étudiants en situation de handicap auditif bénéficient  des mêmes conditions d’études que les autres étudiants, il est souhaitable de suivre les recommandations suivantes :
 

Concernant l’organisation du cours :

  • Utiliser des outils pédagogiques qui permettent de transmettre l’information par des voies visuelles (ex : présentations multimédia, diapositives, graphiques, diagrammes, illustrations, photos).
  • Fournir  le contenu des informations avant le début du cours (par exemple : les grandes lignes à la fois sous forme électronique et sur papier, les points clés, la bibliographie, la présentation multimédia).
  • Permettre aux étudiants ou « secrétaires » de prendre des notes pour l’étudiant.
  • Faites face à l’étudiant à tout moment quand vous vous adressez à lui ou à elle. Parlez clairement et à un rythme modéré de sorte que l’élève puisse lire sur vos lèvres. Evitez de déambuler dans la salle de cours, de tourner le dos à l’auditoire (notamment lorsque vous écrivez au tableau), de masquer votre bouche.
  • Parlez en utilisant des phrases courtes et claires ; soulignez les points importants et les mots clés ; expliquez le sens des structures linguistiques complexes et du vocabulaire spécialisé.
  • Ecrivez au tableau le vocabulaire nouveau et peu familier (terminologie spécialisée), ou imprimez-le pour le distribuer aux étudiants.
  • Assurez-vous d’avoir l’attention de l’étudiant avant que vous ne parliez. Assurez-vous également que l’étudiant et/ou l’interprète en langue des signes/codeur LPC puisse(nt) suivre l’ordre des orateurs lors des discussions. Il peut être utile de se servir  des signes visuels conventionnels pour signaler qui est en train de parler (par exemple celle ou celui qui parle lève sa main).

Si l’étudiant utilise un interprète en langue des signes ou un codeur LPC :
 

  • Donnez à l’interprète ou le codeur le matériel pédagogique avant le cours pour l’aider à se familiariser avec le sujet.
  • Adressez-vous directement à l’étudiant et non à l’interprète/codeur. Evitez les phrases faisant de l’interprète/codeur un médiateur entre l’étudiant et vous, par exemple « dites-lui », « demandez-lui ».
  • Assurez-vous que l’interprète/codeur dispose d’un endroit où il puisse s’assoir ou se tenir près de la personne qui parle (l’interprète et l’étudiant travaillent habituellement à une distance raisonnable). Il peut être utile de fournir à l’interprète une liste des participants notamment lors d’échanges entre plusieurs personnes.
     

Les aménagements d’examens:

Par examen, il faut entendre toute épreuve partielle, terminale, examens répartis concours et contrôles continus.
Rappelons que le décret et la circulaire N° 2011-220 du 27-12-201141 encadrent précisément l’organisation des examens et concours de l’enseignement scolaire et de l’enseignement supé¬rieur pour les candidats présentant un handicap. Rappelons également que si chaque établissement doit respecter la circulaire précitée, c’est lui qui définit et communique la procédure suivant laquelle tout étudiant handicapé peut déposer une demande d’aménagement d’épreuves pour les examens ou concours relevant de ses compétences.

Généralement, cette demande est déposée auprès de la structure d’accueil des étudiants han-dicapés mais peut également l’être auprès du médecin du SUMPPS désigné par la CDAPH. Rappelons que ce dernier, membre de l’équipe plurielle, émet obligatoirement un avis d’aménage-ment au regard de la nature des épreuves.
L’autorité administrative prend alors la décision et la transmet à l’intéressé et au service orga-nisateur des épreuves.

Les étudiants malentendants ou sourds peuvent notamment bénéficier des aménagements d’épreuve suivants :
 

  • Le temps majoré (temps supplémentaire par ex 1/3 temps…) la circulaire précise que l’étudiant devra bénéficier d’une période de repos suffisante entre deux épreuves prévues dans la même journée. La durée totale de composition de la journée doit également être prise en considération. N’oubliez pas que l’état de santé de la personne, l’utilisation des modes de compensation, quels qu’ils soient, impliquent fréquemment un allongement du temps de travail.
     
  • Adaptation des sujets d’examens pour les étudiants handicapés auditifs : épreuves de langues vivantes pour les élèves sourds : S’agissant d’une épreuve obligatoire de langue vivante, il conviendra d’examiner dans l’ordre suivant la possibilité de proposer :
  1. Une épreuve qui vise à évaluer les mêmes compétences que pour les autres candidats mais selon des modalités de passation différentes (deux auditions au lieu d’une, présentation de la question sous forme orale et écrite,…);
  2. Une épreuve de substitution adaptée aux exigences et au niveau de l’examen ou du concours pour les épreuves de compréhension orale.

Le document sonore pourra être remplacé par un support écrit aux caractéristiques proches de la langue orale (dialogue) ou imagé.

Il conviendra de porter une attention particulière aux conditions de passation de l’épreuve (allongement non systématique de la durée, critères d’évaluation non ciblés sur la maîtrise de la langue écrite évaluée par ailleurs…)

Enfin, si aucune de ces deux possibilités ne peut être retenue, l’autorité administrative compé-tente examinera, au regard du règlement de l’examen ou du concours présenté, la possibilité d’accorder une dispense. Cette décision ne peut être qu’exceptionnelle.

  • La salle à part : si nécessaire, l’étudiant pourra composer dans une salle à part. Ou de tout autre aménagement jugé nécessaire compte tenu de la situation particulière de l’étudiant. 



Autres conseils :

  • Assurez-vous que les cours aient lieu dans des salles correctement éclairées et ayant une bonne acoustique.
  • Permettez des pauses de courte durée pendant les cours. La lecture labiale est une activité épuisante qui demande à l’étudiant un effort de mémoire et d’attention considérable. L’interprète en langue des signes /codeur LPC doit pouvoir également bénéficier une telle pause. Si le cours est complexe ou long, sachez que  deux interprètes/codeur peuvent se relayer pour l’interprétariat de l’étudiant.
  • Disposez, si possible, les sièges de telle sorte que les  tous étudiants se voient entre eux. Cela permettra aux étudiants lisant sur les lèvres de participer pleinement à la discussion.
  •  Evitez de vous tenir devant une fenêtre ou d’une autre source lumineuse qui mettrait votre visage dans l’ombre. Cela rend la lecture labiale plus difficile et l’étudiant ne sera pas en mesure de tirer le meilleur parti du cours.


Ces indications proviennent du manuel pour le personnel enseignant développé dans le cadre du programme DARE 2 (www.DareProject.eu).

Références: guide de l’accompagnement de l’étudiant handicapé à l’université- Conférence des Présidents d’Université -2012- www.cpu.fr